Assemblée Générale – FOL 87, le 25 Mai 2018

A l’occasion de l’assemblée générale qui s’est tenue le 25 mais 2018 dernier, Jean-Marc Deglane, président de la Fédération de la Haute-Vienne à prononcé son discours, que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous.

 

Mesdames, Messieurs

Mes chers camarades,

Chers amis,

 

Déjà ma troisième intervention en tant que président  de la Ligue de l’Enseignement / Fédération des Œuvres Laïques de la Haute-Vienne, cette année au Palais sur Vienne, pour notre assemblée générale annuelle, statutaire.

J’avais dit l’an dernier, à Saint-Just-Le-Martel, le caractère extraordinaire de notre AG ordinaire, notamment, sur le plan personnel.

 

Cette année encore, cette AG revêt de nombreux aspects peu communs, mais comment peut-il en être autrement pour quelqu’un qui, comme moi, est enraciné dans cette terre limousine.

En effet, Le Palais sur Vienne fût, dans mon enfance, un véritable palais.

Non, mesdames, messieurs, madame le Maire, chère Isabelle, pas celui de Jocondiac, une des résidences de Louis le Pieux dit le Débonnaire, Roi d’Aquitaine (déjà) et fils de Charlemagne, palais dont on connait l’existence dès la fin du 8ème siècle jusque vers le début du 11ème,  palais situé, peut être, vers le promontoire de l’église qui surplombe la Vienne.

Non, le mien était posé bien plus haut, bien au dessus de la voie ferrée, à la lisière du bois, au Chatenet, actuellement à l’angle de l’Avenue Jean Giraudoux et de l’Allée La Fayette. C’était un grand jardin, un peu plus de 2000 m2 que mon grand-père maternel avait acquis dans les années 50 où il pouvait s’évader de la morosité de la cité Labiche et donner la pleine mesure de ses talents héréditaires d’agriculteur et de bricoleur génial à mes yeux d’enfant.

Les allées étaient tirées au cordeau, pas un brin de mauvaise herbe, des légumes à profusion et des arbres fruitiers généreux.

Ledit palais était en fait une cabane en planches dans laquelle mon grand-père rangeait soigneusement ses outils et toutes sortes d’ustensiles de récupération, où trônait une cuisinière à bois et où nous nous abritions et nous réchauffions en tant que de besoin.

Que du bonheur pour l’enfant curieux et turbulent que j’étais.

Mais je m’égare, revenons à notre AG.

Je l’ai dit l’an passé, l’élection d’Emmanuel MACRON a été pour nous, Ligue de l’Enseignement, l’assurance d’avoir, à tout le moins, éloigné momentanément, le spectre funeste du risque frontiste.

L’espoir que l’aide que nous recevons de l’état soit poursuivie existait encore et l’assurance d’avoir une oreille attentive pour l’ensemble de ceux qui, comme nous, militent dans les mouvements d’éducation populaire était une espérance.

Cette espérance fut vite déçue.

Oui, mesdames, messieurs, chers amis, la relation de l’état avec le monde associatif a été abimée depuis un an et plus sans doute que d’autres relations qui l’auraient été antérieurement, parait-il ?

 

Le premier mauvais coup fut la suppression des emplois aidés qui fragilise le fonctionnement, la pérennité et met à mal l’existence même de nombre d’associations.

Le second coup bas fut cette décision de ne rien décider et de laisser libre cours aux initiatives locales de scolariser les enfants 4 jours ou 4 jours et demi par semaine.

Ce rythme scolaire à quatre jours et demi dont notre département pouvait s’enorgueillir d’être l’un des premiers à l’avoir adopté et à un taux formidable dès la première année était reconnu par tous les cliniciens, tous les éducateurs dignes de ce nom et par notre mouvement comme le plus pertinent pour l’épanouissement harmonieux des enfants, de tous les enfants.

Sans évaluation, sans étude préalable, d’un revers de manche en somme, il fut décidé de laisser le libre choix à chaque école et chaque municipalité de leur propre rythme scolaire.

Ainsi, des communes voisines, limitrophes étant à des rythmes scolaires différents et ayant des centres de loisirs partagés par exemple, pourront-elles résister à des lourdeurs de gestion considérables ? Pourrons-nous, nous-mêmes, poursuivre sans difficulté la gestion saine de ces ALSH ? Ne serons-nous pas obligés de licencier de jeunes animateurs qui trouvaient là, souvent, un premier emploi ainsi qu’un champ d’expérimentation de méthodes pédagogiques innovantes et émancipatrices pour les enfants.

Ce ne sont là que deux exemples parmi bien d’autres du lien ABÎMÉ par l’état avec notre monde associatif.

Il faudra d’urgence le réparer !

Certains d’entre nous ont soutenu le nouveau Président de la République avec raison et pragmatisme, d’autres s’en sont défié, mais, au final, il est là et nous devrons travailler avec les représentants de son gouvernement, tant au plan local que régional ou national afin de faire valoir, comme Jean Macé en 1866 les valeurs que nous défendons au premier rang desquelles la laïcité.

Cette laïcité n’est certainement pas une réalité figée en 1905. Elle est le fruit d’un travail séculaire notamment au siècle des lumières qui a permis de proclamer non pas la liberté religieuse mais la liberté de conscience.

Je le répète souvent :

« La laïcité n’est pas une religion, mais la liberté d’en avoir une …ou pas »

Tenir, cette année encore, notre AG en commun avec l’USEP c’est pour notre Ligue de l’Enseignement de la Haute-Vienne un moment heureux et peu commun au plan national. J’en remercie donc vivement, à nouveau, le président Michel REBERAT et j’espère qu’en 2019 nous trouverons un mode opératoire qui permettra à nouveau d’avoir l’UFOLEP à nos côtés.

 

Dans ses rapports d’activités, la Ligue de l’Enseignement rappelle chaque année qu’elle est laïque, indépendante, qu’elle réunit des hommes et des femmes qui agissent au quotidien pour faire vivre la citoyenneté en favorisant l’accès de tous à l’éducation, la culture, les loisirs ou le sport. C’est notre ADN commun.

Nos associations d’éducation populaire ont un rôle majeur à tenir pour « faire société » et pour tenter de réduire les fractures qui menacent notre République.  Pour réussir dans toutes nos actions, notre combat premier doit être la défense de la laïcité.

Nous devons impérativement tisser ou retisser des liens, nous devons expliquer encore et encore qui nous sommes et pourquoi, ensemble, nous serons plus forts. Il faut absolument faire comprendre au plus grand nombre que c’est par l’action militante plutôt que par la consommation basique d’activités que nous pouvons faire vivre notre société, que cette action militante doit être fédérée, plutôt qu’isolée et désordonnée.

Bien sûr, des ponts existent avec le monde de l’éducation et avec les enseignants grâce notamment à nos activités culturelles ainsi qu’à l’USEP, mais il faudra dans les semaines qui viennent tenter à nouveau de nous rapprocher de l’ESPE, lieu de formation, aller y expliquer, notamment, les bienfaits éminents des classes transplantées pour les élèves, jouer auprès du monde éducatif notre rôle de « passeurs de laïcité ».

La même démarche doit être engagée ou amplifiée en direction des élus des communes de notre département afin de leur expliciter le rôle primordial du partage de la vie collective, du vivre ensemble dans nos centres de vacances, coordonner les activités de leurs ALSH avec nos centres, leur démontrer aussi les bienfaits, pour les enfants de leurs communes, des classes transplantées dans nos structures.

Voilà pour les objectifs à venir, ils ne sont pas bien différents de ceux envisagés l’an passé.

Je mesure l’enthousiasme quasi militant de nos personnels, tant au siège de Limoges qu’à Meschers, mais aussi dans les ALSH que nous gérons, à Bessines, Compreignac, Eymoutiers, et Solignac mais aussi dans les centres saisonniers de Saint-Nérée et Saint-Pardoux ainsi que dans les communes où nous animons les TAP.

 

Que tous ici soient remerciés de l’excellence de leur travail.

 

Concernant les activités de 2017, Mireille DOUYER-FITTE notre directrice générale va suppléer Marc DELOMENIE, notre secrétaire général, malheureusement souffrant et à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, afin de vous préciser quelques points particuliers. Nous lui avons demandé, à nouveau cette année, de nous épargner la lecture du rapport d’activité que vous avez eu tout loisir de consulter.

Jean-Pierre BREUIL, notre trésorier, vous éclairera sur le rapport financier, vous dispensant, lui aussi, d’une lecture fastidieuse.

A eux deux, vous pourrez poser les questions que vous souhaitez.

Il vous appartiendra ensuite d’adopter ou pas le rapport d’activité et enfin le rapport financier.

 

Comme je l’ai dit il y a un instant, nous avons pu compter en 2017 sur nos personnels, mais nous nous sommes appuyés aussi sur des administrateurs passionnés et efficaces, motivés, militants et en particulier lors du chantier de réhabilitation du P3 « L’étoile de mer » à Meschers.

Nous avons eu également des partenaires fidèles et engagés à nos côtés : Conseil Régional Nouvelle Aquitaine, Communes (petites et grandes), Institutionnels, DRJSCS, DDCSPP, Inspection académique, DRAC, CAF, UDAF, UNAT, Secours Populaire, etc… Qu’ils en soient ici remerciés et que ceux que j’aurais malencontreusement oubliés me le pardonnent.

Mais ce n’est pas un oubli de ma part, rassurez vous mesdames et messieurs les conseillers départementaux, je sais le soutien indéfectible que nous apporte le Conseil Départemental de la Haute-Vienne dont nous gérons la base de Chabannes à Saint-Pardoux, à la fois base de voile et centre d’activités de pleine nature, mais aussi, bien sûr, chacun le sait, le centre de vacances Adrien Roche à Meschers en Charente Maritime depuis 1951. Je vous prie donc, au nom de notre Fédération des Œuvres Laïques de Haute-Vienne de bien vouloir transmettre au Président Jean-Claude LEBLOIS et à tous vos collègues du Conseil Départemental nos plus chaleureux remerciements.

Concernant justement Meschers, nous avons mené, je l’ai déjà évoqué, grâce à ce partenariat exemplaire que nombre de mes collègues m’envient, la campagne de rénovation du dernier bâtiment qui ne l’avait pas encore été. Les travaux ont eu lieu durant la période de fermeture dès la fin d’octobre et ont été livrés mi-mars 2018. Ainsi, les enfants reçus là-bas peuvent enfin l’être tous dans des conditions d’hébergement idéales, tant pour les classes de découverte que pour les séjours de vacances et bien évidemment, les membres de vos, de nos associations pourront aussi bénéficier de toutes ces installations rénovées.

Voilà mesdames, messieurs ce que je voulais vous livrer à l’issue de cette troisième année à la présidence de cette maison, une année riche, enthousiasmante, semée quelquefois d’embûches, mais aussi porteuse, à nouveau, certes d’utopies mais de tellement d’espoirs.

Et puis, après plusieurs années compliquées, nous affichions enfin un bilan financier positif l’an passé et j’ai à nouveau le plaisir de vous renouveler la même annonce : 2017 a été un bon cru, Jean-Pierre vous l’explicitera.

J’aimerais tant pouvoir m’habituer à ce genre d’annonce !

 

Je voudrais seulement préciser un élément : bien sûr, et je l’ai dit plus haut, l’aide de nos partenaires est très importante, mais sachez que les subventions représentent seulement vingt pour cent de notre budget et que, par ailleurs, l’implication des bénévoles n’est pas encore totalement valorisée.

Merci aux salariés, aux bénévoles,

Merci à vous toutes et à vous tous d’être ici ce soir, et de m’avoir écouté aussi longuement, trop peut-être.

Merci à l’USEP d’avoir accepté de tenir, une nouvelle fois, nos AG en commun.

 

Merci de votre magnifique accueil madame le Maire, chère Isabelle, dans cette salle Gérard Philipe, dans laquelle, lors d’une vie antérieure j’ai dirigé tant de concerts de chorales de collèges lorsque j’officiais au collège Ronsard, merci évidemment à l’association Cyclo Club Palaisien et son président Monsieur Nadeau.

Merci aux associations amies et aux institutions présentes,

Et pour finir, permettez-moi de dire merci à toi, Henri, mon cher père, toi qui fêteras demain 26 mai tes 95 ans, merci de m’avoir échappé dans la marmite laïque dès mon plus jeune âge.

 

Bonne soirée à tous.

Jean-Marc DEGLANE